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L'histoire de Saint-Georges-sur-Loire


Abbaye vue des jardins L'histoire de Saint-Georges-sur-Loire est en réalité largement liée à celle de son abbaye. Il ne semble pas que le bourg ait existé avant le Xe siècle. Les villages de l'Aubriais, Bachelot, Eculard, où se trouvait la première église étaient habités dès l'époque gallo-romaine. Situés sur la voie romaine qui longeait la rive droite de la Loire, ils souffraient de l'insécurité due tant aux inondations qu'aux pillages des navigateurs qui remontaient le fleuve, les Normands entre autres. Au milieu du XIe siècle, les habitants cherchèrent refuge sur la hauteur la plus proche : Cette terre appartient alors aux seigneurs du Plessis Macé qui y possédaient leurs tombeaux. C'est le site actuel de la ville.
Abbaye vue de l'étang d'Arrouët Coeur du village depuis sa création, cette abbaye qui a pris son aspect actuel au cours du XVIIe siècle, abrite aujourd'hui les services municipaux. Son histoire, et celle du bourg qu'elle a fait naître, sont riches. On peut évoquer de grands personnages qui en furent les acteurs : C'est Jean Racine qui eut l'idée d'écrire les Plaideurs, seule comédie de son oeuvre, à cause d'un procès interminable l'opposant à un religieux pour la possession d'un revenu Saint-Georgeois ; c'est encore Jean Baptiste Lully, fils du musicien et abbé de Saint-Georges. Ce sont les puissantes familles de Montbazon, des Bautru, des La Tremouïlle, qui ont successivement possédé ce pur joyau sur le territoire de la commune, qu'est le château de Serrant.
Salle Beausite On peut évoquer le patrimoine architectural constitué par les nombreux châteaux construits ou embellis au XVIIe siècle, les maisons anciennes, les moulins à vent, la magnannerie de Serrant, les quais le long du fleuve, témoins d'activités passées. L'ensemble s'inscrit dans un paysage de bocage, éclairés d'étang où vivent de nombreux oiseaux, où s'arrêtent des migrateurs.
La salle Beausite, portant le nom de la commune pendant la période révolutionnaire, est un exemple d'architecture contemporaine. Expression d'un nouvel art de vivre, d'un nouvel art de batîr, elle perpétue la tradition qui a vu la paroisse, puis la commune, s'enrichir de monuments, reflets du temps.
Brève histoire de l'Abbaye-mairie

L'abbaye façade sud et ses jardins

Les bâtiments de la mairie que nous voyons aujourd’hui datent de la deuxième moitié du XVIIe siècle. Mais l’abbaye elle-même est beaucoup plus ancienne. De l’ordre de Saint-Augustin, elle a été fondée au XIIe siècle par le seigneur du Plessis-Macé qui possédait le territoire de Saint-Georges, sur lequel s’élevait une église dépendant de l’Abbaye Saint Nicolas d’Angers.


La puissante famille du Plessis-Macé détenait pas moins de 22 paroisses sur ses terres d’Anjou, et, pour faire vivre la jeune abbaye, y appela les moines de celle de la Röe qui y fondèrent une première communauté, sous l’autorité d’Herbert, déjà curé du lieu. De la Roë, était parti une cinquantaine d’années auparavant le célèbre Robert d’Arbrissel qui avait donné vie à Fontevrault.

L’évêque d’Angers, Raoul de Beaumont, qui était aussi le cousin d’Henri II Plantagenêt, vint consacrer, vers 1180, la nouvelle venue des fondations monastiques.
L’abbaye, bien sûr, a connu toutes les vicissitudes de l’histoire. Elle a été plusieurs fois pillée et incendiée au XVe : d’abord, lors de la Trêve de Tours, signée en 1444 par Charles VII et Henri VI d’Angleterre, puis lors de La Guerre Folle qui opposa en 1486 les troupes de Charles VIII aux grands féodaux du royaume, comme François II de Bretagne et Louis d’Orléans, futur Louis XII. Les sinistres « écorcheurs », soldats privés alors d’activité et de salaire mirent le pays à feu et à sang.

Le XVIe siècle vit une reconstruction des bâtiments, et surtout un aménagement. Il en reste la transformation d’un premier lieu de culte, en réfectoire doté d’une magnifique cheminée Renaissance à manteau droit, qui porte une date 1573 et un nom : celui de l’abbé donneur d’ordre, Antoine Millet.

C’est au XVIIe siècle, après 1636, qu’elle retrouve, une certaine splendeur. A cette époque, le château voisin de Serrant est acheté par une riche famille, proche du roi de France, la famille des Bautru. On dit que Guillaume Bautru II, poète libertin et fin diplomate, inspira à Molière son Bourgeois Gentilhomme. Son petit fils, Nicolas Bautru de Vaubrun, fut abbé de notre abbaye entre 1732 et 1746. Ils modifièrent profondément le château et l’embellirent. Un peu partout, dans la campagne environnante, d’autres châtelains faisaient de même. Il y avait donc à Saint-Georges, pour assurer tous ces travaux, des maçons, des architectes, des sculpteurs.

L’un d’entre eux, Maurice Cellier, a construit la maison conventuelle dans laquelle se trouvent aujourd’hui les services municipaux. Un autre, Sébastien Simonneau, en a terminé la construction et a assuré celle du palais abbatial, c’est à dire la maison de l’abbé, qui est aujourd’hui propriété privée. Les dates de 1684 et 1691, gravées au-dessus de chacune des portes sud et ouest, évoquent ces phases de construction. Les deux bâtisses coiffent fièrement le coteau, et ouvrent leurs fenêtres sur la vallée de la Loire.

L’ordre de Ste Geneviève de Paris qui reprit en 1658 l’abbaye, tombée en commende depuis 1534, ne la sauva pas de la décadence des mœurs monacales. Les chanoines continuèrent à vivre richement, se préoccupant surtout de faire rentrer leurs revenus, et les abbés ne firent que de courtes apparition à Saint-Georges. Certains même ne virent jamais leur abbaye, devenue un simple bénéfice. Pourtant de grands noms ont résonné sous ses voûtes : celui de Jean-Baptiste Lully (1685-1687), troisième fils du musicien de Louis XIV, de Jacques Adhémar de Grignan (1654-1674), évêque d’Uzès, de Jean-Louis Caton de Court (1695-1732), qui se ruina pour faire construire le palais abbatial, et dut quitter derechef les lieux.

Enfin, à cause d’un procès l’opposant à un prêtre angevin pour la possession d’un prieuré saint-georgeois dépendant de l’abbaye, (le prieuré de l’Epinay) le grand Jean Racine eut l’idée d’écrire la seule comédie de son œuvre : les Plaideurs. Faut-il préciser qu’il avait perdu son procès ?

Lorsqu’éclata la Révolution, bien qu’imposante, l’abbaye n’abritait que cinq chanoines qui y vivaient confortablement ! Un cloître la joignait à l’église abbatiale, qui n’est pas celle d’aujourd’hui, et qui fut détruite entièrement. Les bâtiments conventuels furent vendus à différents acquéreurs.

En 1825, on a construit une nouvelle église, ce qui a permis d’élargir la route nationale. (Elle s’appelait alors Route royale.)

En 1959, l’ancienne cellerie des moines est devenue la perception, et en 1970 les services municipaux ont pris possession de l’ancien couvent, alors que la bibliothèque municipale s’installait dans ce qui avait été la salle de billard des religieux, si peu soucieux des devoirs imposés par leur ordre


Escalier du XVIIe siècle
Le magnifique escalier du XVIIe siècle
Détail de l'escalier
Détail de l'escalier
Réfectoire - ancien lieu de culte
Charpente (XIIIe siècle) du lieu de culte transformé en réfectoire
Couloir du premier étage
Couloir du 1er étage de l'Abbaye-mairie
L'abbaye imposante et majestueuseL'Abbaye, imposante et majestueuse